musique et spiritualité (John Cage en particulier)

26 mai 2017

Cage et le Visage

En m'appuyant sur la "théologie du visage" d'Olivier Clément, on pourrait réfléchir d'une autre manière sur les réelles intentions et les réelles manifestations "inconscientes" au coeur de la musique de John Cage.

Car en effet d'un certain point de vue il fut un homme d'une certaine radicalité. De son vivant, beaucoup de gens lui disaient qu'il "détruisait tout", musique en premier lieu. Bon je pense que certes il y a eu chez Cage comme un "à-plat", qui consistait à se demander "avec quel matériau travaille un musicien?" Et sa propre réponse fut "avec 2 choses: les sons et les silences".

Bon Olivier Clément nous explique que dans la peinture moderne le visage a disparu. C'est à mettre en parallèle avec une forme d'enstase, et finalement d'esprit moderne de l'impersonnalité, et disons de l'indistinction. Dans la musique classique peut-être le Visage, cet élément qui comme le dit Clément manifeste cette possible transcendance, cette "matière spirituelle" qui existe entre ce monde et l'autre, est rendu manifeste par les hiérarchies de l'harmonie, peut-être en lien avec les harmonqiues naturelles et surnaturelles qui existent entre l'homme, les anges-essences, et Dieu l'inconnaissable, cet inconnaissable ou cet invisible qui se montre d'autant plus invisible qu'il devient visible.

Alors dans la musique moderne on pourrait parler d'une éviction du Visage, et peut-être donc d'une "mauvaise kénose", d'un nihilisme.

A mon sens John Cgae s'inscrit dans une double négation, et finalement une double "kénose" ou double nihilisme qui devient positivité par un curieux chemin. Il ne réhabilitera pas l'harmonie classique, mais prenant à bras-le-corps l'impersonnalité moderne, la transpercera jusqu'à lui redonner un Visage: car John Cage, c'est aussi et avant tout pour moi un Visage, une Voix. Il se dresse dans l'histoire de la musique du XXème siècle en tant que visage et en tant que lumière particulière à travers ce visage, qui à la fois domine complètement sa musique et lui est dévolu. Il y a là une étrange vibration finalement, un double mouvement, qui serait à la fois un effacement et une "érection".

Ce qui est étonnant c'est qu'on le retrouve dans des conversations, dont celle qu'il eut avec Karl Heinz Stockhausen, à qui J.Cager demandait "si tu dois écrire une oeuvre vocale, écris-tu pour la musique ou pour le chanteur?" Ce à quoi KH Stockhausen répond sûr de lui "pour la musique!" Et John Cage de rétorquer "Hé bien voilà qui nous différencie, moi j'écrirais pour le chanteur". Et de fait il a écrit des oeuvres pour différents musiciens, des "pas très bons" et des excellents, adaptant à chaque fois son langage pour se mettre au niveau de gens de bonne volonté, ou selon les occasions.

Ce qui fit de lui un homme dans le monde, mais en même temps un peu hors du monde. En ce sens il fut bien le digne successeur d'Erik Satie, qui a inité ce mouvement moderne et finalement profondément anti-moderne. Toute sa musique correspond un peu à l'élaboration incessante de sa propre terre pure je ne peux en douter. Si d'aucuns lui trouveraient un goût d'impersonnalité, pour moi c'est au final tout le contraire, c'est un monde à la fois clos et infiniment vaste, à la fois très personnel et universel. Il n'est donc pas l'emblème de la "chute du moi", comme certains, tel Lusseyran le pensaient, car derrière cette chute apparente il y une Personne vibrante et assez lumineuse...

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16 mars 2017

L'esprit "des moi"

Bon, il est possible que je me fasse une petite idée de "pourquoi" les grands maîtres nous disent que l'état naturel est personnel. Ou en tous cas à mon niveau il ne peut que l'être, peut-être et probablement existe-t-il d'autres dimensions.
Partons du principe que si je demande à quelqu'un qui il est il va me désigner tout ce qui l'habille mais jamais son moi établi car au fond il n'y en a pas, et si il essayait quand même de regarder il tomberait dans un trou. Bon quelque part même les néo-advaïtins le savent mais se contentent de dire qu'il n'y a personne. Sur un certain plan il n'est pas impossible que cette annonce provoque un choc chez certains mais tout de même ça semble bien plus le début de quelque chose qu'un aboutissement cette affaire. Il ne s'agit pas de s'écrouler dans le vide tout de même.
Bon parce qu'il me semble bien qu'alors il faille d'une certaine manière revenir aux habits. Il y a plein de couches. Je dis ça parce que je crois que notre moi est fait de beaucoup d'autres moi qui ont été étouffé et ont perdu leur pouvoir à cause de plein de facteurs mentaux non vertueux: la non vigilance, l'ignorance, bon bref un tas. Notre esprit c'est une foultitude d'esprits qui habitent encore notre mémoire, d'êtres rencontrés que l'on a préféré "oublier" et qui sont devenus faibles en quelque sorte, provaiquant ainsi notre propre faiblesse actuelle. Pourtant dans cette mémoire réside une histoire, un roman, des...essences. parce que ces êtres en ayant perdu leur présence physique immédiate ont été transformé en principes essentiels, ces êtres et finalement tout l'environnement dans lequel les rencontres se sont faites.
Par exemple mon premier prof à la fac de lettre à Nice où j'étudiais la musicologie. Je n'aurais d'ailleurs pas dû reprendre contact avec lui parce que c'est un gars plein d'arrogance mais dans ma mémoire il représente quelque chose. Puis les quelques musiciens qui m'ont marqué, puis le gars qui le premier à mon boulot m'a parlé du zen comme pratique, ceux aussi qui ont tenté de libérer mon propre esprit de l'oubli et de l'ignorance, la liste est longue. Tous ces gens sont mon esprit-roman-essences. Si on arrive à tirer le jus de ces essences on peut je pense configurer un être nouveau, et donc reconfigurer sa propre architecture et si ça se trouve ainsi débuter l'émanation de notre corps illusoire.
Moi, c'est beaucoup d'autres. Alors donc à ce niveau si par ce travail on peut sentir quelques vents purs qui nettoient les impurs, sentir nos canaux plus fins et plus souples, un état naturel sera certes DE l'état naturel mais lié au "mandala" de notre esprit qui ne sera pas celui du voisin. Je me demande d'ailleurs si on ne peut voir un lien avec ce sur quoi les chrétiens inisistent: le Dieu personnel. Finalement Il ne peut qu'être personnel, un être hypostatique comme il est dit fait d'essences et non d'agrégats comme notre propre corps actuel.
Alors ce peut être un pas vers la terre pure d'Amithaba si ça se trouve.
En tous cas cette oubli provoque des noeuds et tout un tas d'agitations stériles que l'on prend pour de l'activité et pourtant c'est dans la cessation de cette agitation que la véritable activité peut apparaître, dans une autre dimension de l'être. Cela fait grandir une sorte d'espace où les visions et auditions et toucher peuvent réellement être une réalité: si alors un son est prononcé dans cet imaginal il sera au moins tout aussi réel que le bâillement sonore de mon voisin. Je suppose même que cette dimension d'espace habité par la pratique peut s'étendre et recouvrir totalement l'espace physique qui nos entoure et aller bien bien plus loin....

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09 mars 2017

zazen dans le métro

Bah pour moi le métro est vraiment un lieu privilégié. Déjà il est extrêmement silencieux. Puis il est vachement impersonnel, du coup je peux le personnaliser comme je veux, l'oublier, l'écouter (oui parce que le silence ça s'écoute aussi). Silencieux parce que les gens finalement sont quelque part en eux-mêmes, ben oui ils ne veulent pas être dans le métro. Alors il n'y a pour ainsi dire aucun effort à fournir pour les ignorer, puisque "ignorer" ici est même la loi naturelle qui prédomine. Du coup même si ça fait un peu "gaucher contrarié" (alors que je sens plus ça comme "droitier contrariant") parfois je préfère ça au dojo parce qu'au moins il n'y a pas de guru plus ou moins auto-proclamé qui vient déranger l'éventuel état naturel avec ses blagues sur la vacuité, ou l'avantage d'être mushotoku...  Alors de toute façon comme j'en ai quasiment une heure le matin et une heure le soir, et que par chance (je dois bien le dire) je le prends à des heures et des stations où je trouve quasiment tout le temps une place assise. Parce que debout, on est quand même "beaucoup plus" dans le métro pour ainsi dire. Bon ce matin je m'y suis installé avec un koan (le fameux genjo-du même nom) de maître Dogen, qui, s'il fut à mon sens un des plus grands maîtres du zen, peut-être un Bouddha, n'en fut pas moins un sacré casse-pieds. Je ne sais pas pour qui il écrivait (clairement pas pour moi), je me demande qui pouvait percer son "entrelacement des lianes". Bref.

Donc malgré mon rêve récent (je sortais d'un beau dojo trônant dans la nature après avoir fait zazen, mais tout de même je me sentais pas tout à fait tranquille. Et effectivement, j'avais oublié de récupérer je sais plus trop quoi à côté de mon zafu, et il a fallu que je revienne dans le dojo pour le récupérer, ce qui bizarrement était angoissant. En revenant le dojo était un peu moins chouette. En ressortant je m'aperçois que j'oublie un autre truc. Puis ceci plusieurs fois et à chaque fois le dojo change de classe et de lieu et à la fin je me retrouve avec mon zafu sur un trottoir pourri parisien à côté d'un bistrot non moins pourri... Bon) je me retrouve dans mon métro avec ce passage:

La bûche, une fois devenue cendre, n’a plus à redevenir une bûche. Et pourtant, ne considérez pas que la cendre soit l’après et la bûche l’avant. Sachez-le, la bûche demeure dans son niveau de la Loi*, dotée en elle-même de l’avant et de l’après. Quoiqu’il y ait l’avant et l’après, il y a une coupure entre l’avant et l’après .  La cendre demeure dans son niveau de la Loi, dotée en elle-même de l’après et de l’avant. Comme cette bûche, une fois devenue cendres, ne redevient plus bûche, l’homme une fois mort ne revient plus à la naissance. Aussi apprend-on selon la Loi de l’Éveillé à ne pas dire que la naissance devienne mort. C’est pourquoi on parle de la « non-naissance ». Que la mort ne devienne pas naissance, telle est la rotation de la roue de la Loi* régie par l’Eveillé. C’est pourquoi on parle de la « non-disparition » . La naissance aussi est un niveau (de l’existence) pour un temps ; la mort aussi est un niveau (de l’existence) pour un temps. Par exemple, c’est comme l’hiver et le printemps. On ne considère pas que l’hiver devienne le printemps ; on ne dit pas non plus que le printemps devienne l’été.

Il est quand même bien "spécial" Dôgen. Par ailleurs pas très loin il dit que lorsque l'homme regarde avec sa perception eronnée il peut croire que sa nature est permanente. Ca m'a frappé parce que habituellement on pense à la permanence comme quelque chose qui ne bouge jamais de son propre état, or il semble nous dire que la permanence ce serait "l'hiver qui devient le printemps" ou se transforme en printemps, alors que l'impermanence c'est l'hiver qui demeure dans sa position dharmique d'hiver, comme le printemps, et que l'un ne se transforme pas en l'autre. En d'autres termes l'homme vivant demeure un homme vivant et l'homme mort n'est pas le vivant qui s'est transformé en homme mort, l'homme mort ayant son propre passé d'homme mort qui n'est pas celui qui a vécu un peu avant, donc "un peu avant" ne s'applique pas. Au temps pour les renaissances finalement. Ça ne les nie pas mais ça les met sérieusement en perspective. 

Du coup on comprend aussi les problèmes inhérents à la mémoire puisque l'entité unique qui serait à la fois créatrice des objets de mémoire, détentrice et celle qui pourrait en tirer un enseignement n'ont quasiment aucun rapport, en fait elles n'existent pas réellement. On voit alors pourquoi personne ne tire un enseignement de l'histoire, pourquoi ceux qui en parlent ignorent les mécanismes et même pourquoi pas remettre en perspective l'ontologie de l'histoire, puisque sans ontologie des êtres qui la sous-tendraient c'est foutu. Alors on peut se rappeler qu'on a tué un oiseau il y a 20 ans, mais ça reste purement formel, ça a perdu sa puissance physique et donc sa puissance de choc pour  e lui qui actuellement se souvient du fait. Ça reste comme dans une brume qui concerne "un autre" et alors se repentir et donc changer ou éroder son karma on comprend que ça devient difficile mais le karma lui ne nous oublié pas, en plus la forme qu'il prend depuis le meurtre de l'oiseau a changée.  Bref.

Du coup comme Dôgen est cryptique mais au fond il ne cache rien (il faut juste passer des mois sur une phrase), on comprend un peu ce qu'est son zazen puisqu'il n'hésite pas à parler de "celui qui soutient ma pratique". Bon Dieu il ne parlerait pas en quelque sorte de yidam le petit cachotier? Autrement dit la pratique de création et d'enracinement d'un être qui sera celui qui pourra  (dans cet exemple) rassembler physiquement les faits historiques en un seul point, plus physique et ainsi échapper à cette production conditionnée incessante qui forme le continuum du "moi" et que l'on prend à tort pour une entité? Zazen comme se "déverser" dans un "autre" mais ici naturellement parce que telle est la nature de l'esprit de ne pas être un truc monolithique et que finalement nous "sommes plusieurs" et perdus dans cette multiplicité et que donc retrouver une unité vivante et oeuvrable passe par cet autre? 

Bref je ne fais certainement qu'effleurer la peau du début du texte de Dôgen. Comment pourrait-il en être autrement, vu que tout cela  (en plus la poésie et l'économie japonaise...) devait être plus ou moins "entendu" en ces temps et lieux et qu'il n'avait peut-être pas la nécessité de longs développements... Pourtant le Shobogenzo est une sorte de percée de la Terre Pure de Dôgen et de son "soutien" certainement...  Alors est-il pour nous oeuvrable afin de soutenir notre propre élaboration grâce à des liens puissants avec cela, plutôt que d'entendre dans les dojo des explications de Dôgen qui n'effleurent même pas le vernis de sa substance?

 

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08 mars 2017

sport universel

Nous parlions du mensonge avec un ami. Je me rends compte que ça fait plus de 40 ans que je passe mon temps à mentir. Et c'est "créer" finalement une entité qui va nous gouverner, une éntité tueuse, tueuse de l'âme, et dont le mensonge absolu si on veut est de se prendre pour Dieu. Et de fait, tout le monde se prend pour Dieu, se croit omniscient. Même quand quelqu'un dit "je ne sais pas" on sent rapidement que c'est dans un esprit "fierté de l'ignorance", je me targue de ne pas savoir contrarement à tous ces nuls qui se croient plus malines que les autres. Quelque part bien souvent il n'y a pas plus arrogant de dire "je suis un ignorant", et se mentir en disant le contraire est aussi un suicide. Cette entité est finalement extrêmement maline et récupère tout mouvement de l'esprit pour continuer à fabriquer l'omnipotence de son image insensée.

Cela dit mentir a son avantage: ça évite de passer pour un fou dans le social, comme ça on passe son temps à être vraiment fou et bon donc ce monde samsarique est un asile d'aliénés, mais entre "nous" on n'y voit que du feu, on "accepte" la chose et on finit par croire que tout le monde va bien. Mais si je réponds à "comment vas-tu" dont je sais que l'intention est de masquer des troubles immenses un truc genre "je ne comprends pas ta question" ou "ce matin j'ai des trucs collants dans les canaux" il y a des chances pour que je finisse mal la journée.

Bon quoi qu'il en soit la base je crois est vraiment de dénicher toutes les couches du samsara, ce qui contient aussi le fait de dénicher toutes les couches de ses propres mensonges. Et en un sens à chaque fois c'est douloureux parce que ce serait comme (en fait C'EST) se dénuder un peu devant Dieu. Dans l'intimité de ce dénuement on fait pas le malin. On "sait" les jeux minables que nous sommes en train de jouer. Alors bien sûr pour que cela ait l'effet approprié, il faut que la source de l'observation ne soit pas la même que celle de l'entité omnipotente sus-citée. Je pense qu'il faut mettre quelque chose dans le secret du coeur, même si on le rate complètement, qui est quelque chose comme l'infini, et son Roi dont nous ne sommes franchement pas dignes. C'est pourquoi un certain nombre de pratiquants authentiques (peu importe le niveau de réalisation) peuvent paraître morbides ou désespérés. En fait ce n'est pas qu'il n'en est rien, mais au point même du désespoir vit autre chose qui forme quelque part une même réalité, comme si à forces d'observer le samsara en soi cela resserrait quelque chose autour du coeur et en même temps ouvrait un autre espace. Et c'est pourquoi on ne se rend pas compte, à force de se mentir, que nous confondons les vrais petites lumières spirituelles avec des phénomènes psychophysiques assez grossières qui n'ont rien à voir avec la joie réelle par exemple.

Quoi qu'il en soit "grandir", en relation avec notre faculté de mensonge pourrait toucher ce paradoxe: on se sent plus en sécurité avec Dieu qu'avec les autres, et l'avis des autres nous importe plus que l'autorité divine. Dieu est plus petit que l'autre pour nous, alors on ment aux autres, tant pis si Dieu nous "surprend". Pourtant, de ce point de vue, pourquoi faire des autres un "plus important" que Dieu? Pourquoi ne pourrait-on pas facilement s'ouvrir aux autres? Ou dit autrement, pourquoi cette dichotomie fallacieuse entre les autres et Dieu? Si mentir aux autres c'est mentir à Dieu, on comprend alors qu'aimer les autres et aimer Dieu est aussi une même réalité.

J'ai perdu certains attraits, certaines dépendances, mais pas toutes loin s'en faut. Certaines s'érodent un peu, s'éloignant et ponctuellement revenant. Parce que l'enracinement dans les choses "de Dieu" n'est pas assez puissante. Mais en même temps, plus cette observation s'approfondit, plus je pense l'âme veut se libérer, brûler ses scories par ce que les chrétiens appellent le repentir, ce qui je pense est une manière de nettoyer son karma. Bref, c'est pas brillant.

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05 mars 2017

Résorptions

Je suis bien moi avec ce blog qui est censé parler de musique. Bon alors je vais en dire un mot: je n'en ai plus besoin du tout, pire en général ça empoisonne mon atmosphère. En conséquence de quoi je n'en écoute plus mais je le dis pas à mon boulot parce que comme je suis sensé être un passionné avide on va me prendre encore plus pour un dingue, finalement la passion supposée pour la musique est encore ce qui me "protège" aux yeux de tous de la folie complète. 

Il y a encore quelque temps, pas mal de temps, j'en avais encore besoin. En fait ce qui était recherché c'était je crois à réveiller certains vents, via une vue plus ou moins intellectuelle et jouir de ces vents émotionnels. Mais je suppose qu'il y a eu un nettoyage à ce niveau et que ces vents se sont résorbés dans un plan un peu plus fin, une catégorie plus subtile de vents peut-être, si bien que je me demande si, comme le disent certains, la musique ne devient pas une sorte d'obstacle à la progression vers l'esprit subtil à un moment. Mais enfin je crois que le moment arrive où être en présence de musique devient douloureux sur un certain plan physique. D'une certaine manière elle doit aussi obstruer, ou mettre des obstacles à certains êtres dans notre atmosphère et créer une séparation. Donc en fait même si on devient très subtil dans le musique ça finit par devenir épais, grossier et comme une pression. Alors il est évident que lire (je le cite parce que j'en ai parlé précédemment) le Père Sophrony c'est une "musique" d'une tout autre qualité. Tout comme les visions intellectuelles que cela peut générer et les vents que ça réveillé et fait circuler, une strate physique plus subtile. Il ne viendrait pas à l'idée de quiconque goûte un peu de cette musique de se passer un disque. D'ailleurs il en est ainsi de pas mal d'activités qui sont en.lien avec des groupes de canaux précis et qui a un moment manifestent de l'inflammation en quelque sorte. C'est pour ça que la population se vide autour de ceux qui sont en recherche parce que l'attraction liée à certains canaux provoquent l'activité correspondante et donc les relations avec ceux qui oeuvrent dans cette activité, qui se ressemble s'assemble. Donc certaines résorptions de vents font épanouir l'activité et ceux qui y oeuvrent. Il arrive un moment où il n'y a plus grand monde autour. Parce que finalement la conversation des uns et des autres devient "inflammatoire".  Les fous de musique de littérature de philosophie et même malheureusement de religion ça finit au même endroit, il faut prendre un anti-inflammatoire.... Par conséquent je ne m'offusque plus qu'on veuille cesser une conversation avec moi parce que bien souvent je dois faire le même effet. 

Bref. Il n'y a qu'un seul véritable Anti-inflammatoire au fond. Celui qui huile sans cesse le corps, d'huiles infiniment essentielles, aux mille parfums. Parfois je me dis qu'à côté de ces senteurs même la rose.... Enfin. Mais quand on le sent sans y plonger et qu'il y a toujours les rondes sensorielles tout de même ça fait un peu "ténèbres", ou purgatoire. Mais une seule senteur et pour un instant tout semble s'illuminer. Et ça ne dure pas bien sûr...

Parfois je me dis que si je ne peux pas me concentrer longtemps sur un texte c'est que si cela allume quelque chose dans un petit lieu physique les canaux ne peuvent pas supporter longtemps cette dose d'énergie. Rien à voir avec l'ennui sur la musique (par exemple) qui est que les canaux liés à cela sont comme devenu absents et cette musique ne peut plus les nourrir. Ils veulent une nourriture plus fine, et donc doivent trouver un nouvel objet en quelque sorte...

Je pouvais comprendre le jeune prêtre qui m'a dit avoir pratiqué 15 ans la trompette pour s'apercevoir que "c'était pas son truc". En fait je comprends même très bien. A la fin Cage ne désirait plus écrire de la musique. Il en écrivait sur commande. C'était quand même son gagne-pain. Bizarrement c'est alors qu'il a écrit la plus fine et belle. 

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04 mars 2017

Jojo Lapin et la déprime

Bon, alors moi, Jojo Lapin, je me sens pas du tout une flèche. Mais quand même cette humanité... Petit j'avais du mal à m'adapter aux autres, je me suis longtemps dit que j'avais un problème. Aujourd'hui je me demande si j'avais pas un reste de "bonne santé".... Bien sûr j'ai fini par apprendre toutes les "simagrées", les manières du monde. Mais je me rends compte que je ne voyais que cruauté, stupidité, jeux de "celui qui aurait la plus grande gueule", etc etc... Je me suis forcé à apprendre à m'adapter. Ca aurait pu marcher. Mais ça m'a joué des tours, je me suis quand même bien perdu, je me suis entouré d'une cage de verre. Je le sais, il y a une part de moi qui hait les autres tout autant que moi-même. Par chance, et peut-être par ce résidu qui est encore là depuis mon enfance, je parle de ce désir brûlant d'amour, je hais cette haine. Autrement dit, je ressens ce besoin d'un surplus d'âme; sortir de cette matière morte, de ce jeu des perceptions sensorielles qui tournent en rond, qui illusionnent sur le mouvement alors que ce n'est qu'immobilité. Parfois, je l'avoue, je me sens comme un borgne (mais qui aurait 2/10 à l'oeil valide) dans un monde d'aveugles. Je m'autorise cette pointe d'arrogance. 

Enfin, je sais et sens qu'il faut aimer les gens. Mais "directement" ça paraît impossible. Ce qu'il faudrait aimer, c'est "ce" qui existe en eux et qu'ils ne s'autorisent pas à extérioriser, à montrer, et qui probablement meurt à petit feu. Il faudrait pouvoir déterrer l'essence secrète qui existe derrière les idioties qui sortent de nos bouches, de notre corps, tous ces trucs prémâchés, ces rires qui ressemblent à des soubresauts spasmophiles, peut-être voir comment cette haine incessante, mon Dieu peut-être, est-elle l'Amour qui se cherche. En fait il y a je pense à aimer Dieu avant toute chose, à le concevoir, à découvrir ses noms au coeur des "choses", à construire petit-à-petit un espace sacré, un cercle infini à force de tracer des traits ici ou là, à travers toutes sortes de situations. Dans son Genjokoan, maître Dogen dit bien que le méditant doit être illuminé par les lumières qui se trouvent dans l'univers. Mais là il faudrait traduire quelque peu, parce que l'univers que l'on voit est vide, comme les sens qui s'en emparent. Cet univers est je le crois cet espace sacré que le chercheur se crée, s'empare finalement par le force, une sorte de violence. Ca viendra pas tout seul, en "laissant faire". Car nous sommes certes tous fous, à un point terrible, et c'est de haute lutte uniquement que nous parvenons peut-être à nous fabriquer ne serait-ce qu'une humanité. Peut-être Jésus fût-il totalement divin car il fut totalement Homme. Alors certes il y a, chez Jojo Lapin, une sorte de désespoir. Mais ce pourrait-il être un puissant moteur? Jésus fût-il quelque chose comme un sommet de désespoir?

Bon c'est comme ça ce soir, peut-être cette bassesse humaine perçue (certainement même) ne fait-elle que souligner la mienne, et ça pique vraiment dans le corps...

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Dans le métro

Je m'empresse de noter ce petit épisode avant de l'oublier. Dans le métro, j'étais en méditation, plongé dans un ouvrage de ce bon Archimandrite Sophrony. Le métro est devenu mon dojo en quelque sorte, étonnant que personne en voit la "majesté" de ce lieu maudit.

Je suppose qu'un mot a activé quelque chose en moi, et mon esprit s'est retrouvé en face d'un prêtre orthodoxe, bien connu. Je n'ai aucune idée de cette personne mais elle était là, pour moi finalement, elle s'étonnait de voir un bonhomme plongé dans cette lecture. Alors immédiatement je lui ai demdandé de me transmettre la lumière du Christ. Il m'a pris les mains dans les siennes, m'a regardé avec ces yeux...dont des larmes sont apparues dans les coins. Ca m'a transpercé en une seconde et de vraies larmes sont apparues dans les miens. Ses larmes sont devenues les miennes.

C'était une douloureuse félicité.

La musique que j'avais dans mon casque s'est totalement évanouie, le monde s'est évanoui, pour un bref instant qu'on pourraot nommer éternité. Puis alors, sortant un peu de cette sphère, mon regard perça la vitre du métro et tomba sur une vieille femme SDF. Je dis "vieille" mais qui sait exactement? Elel semblait assez décatie la pauvre. Pourtant elle faisait quelque chose de ses mains que je ne percevais pas bien. Puis en me concentrant un peu, après que le métro eût avancé, je remarquais qu'elle se maquillait! Qu'on me les coupe s'il n'y avait pas là-dedans quelque lumière divine! Il y avait là quelque force irrépressible, de la vie sur la mort, de l'amour sur l'indifférence. Les femmes!!!

Mais enfin il y avait quelque chose aussi, dans le secret que les puissances sensibles ne peuvent connaître, bercées qu'elles sont par l'illusion de la séparation douleur/bien-être, une opération qui permet de transformer la douleur en joie justement. A ce sujet, Sophrony disait quelque chose à ce propos, cette "idée" que certes Dieu a crée l'homme libre, libre de se battre contre lui aussi, de l'ignorer, mais alors même cela, même ce combat, cetet ignorance est toujours "en rapport" avec Dieu. Même notre séparation "volontaire" contient quelque chose de sa lumière. Bon. Et en fait, l'idée est que, dans notre tristesse par exemple, Dieu prend en charge cette tristesse, est triste avec nous. Et c'est justement dans cette conscience subtile de la collusion entre "notre" tristesse et la Sienne que réside apparemment une joie possible. On pourrait dire que dans la kénose réside une "marque" spéciale de Dieu, une douleur particulière, qui rapproche "d'en-haut". Donc je me dis qu'il n'y a rien d'à la fois plus humain et divin en même temps, sans les séparer ni les confondre, que "Mon Père, pourquoi m'as-tu abandonné"?

En revanche, il est vu à quelel vitesse et avec quelle puissance les sphères sensibles habituelels reviennent à la charge, et c'est comme un déracinement que de quitter l'expérience (si le mot est adapté), mais soit on ne s'en rend pas compte et alors tout est comme perdu, soit oui, alors c'est très douloureux, mais au moins ça a un sens...

Il me semble...

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03 mars 2017

Attachement (et autre)

Nous sommes bien trop occupés par ce qui est "sensible", par ce que nous disent nos sens grossiers, mental compris, par les couleurs, les sons, les formes, les imaginations, idées et concepts...qui ne sont pourtant que la face visible de réalités et puissances invisibles qui nous contrôlent totalement, du moins tant que nous ne faisons rien à cet égard.

Récemment je parlais de l'attachement avec mon fils. L'Homme s'attache avidement sans cesse à toutes sortes de choses dont il sait pourtant plus ou moins confusément qu'elles le "trahiront" un jour, soit parce que les choses sont impermanentes, soit (en fait ET) parce que les "entités avides" qui sont à l'oeuvre dans cet attachement sont totalement instables et lorsqu'elles obtiennent elles se lassent et propulsent notre esprit et notre matière vers de nouveaux objets, mais bizarrement toujours dans les mêmes sphères étriquées: pour nous alors tout semble changer mais rien ne change. Et l'Homme n'atteint jamais rien, est toujours déçu, seul, vide, sans amour, rien d'étonnant à ce qu'il devienne fou et commette les pires atrocités.

Alors on lui dit "ne pas s'attacher". Mais franchement je me demande à quoi ça rime. Comment un humain peut-il ne pas "s'attacher"? Dit autrement comment peut-il cesser de vivre dans son esprit grossier, hors de son âme donc, et vivre comme un singe qui passe de branche en branche à chaque instant? Je pense, au moins au titre "d'intermédiaire", qu'il lui faut trouver un "attachement supérieur", un être plus magnifique que lui dont les qualités pourront petit-à-petit remplacer les "êtres-tensions-agrégats" qui lui tiennent lieu actuellement de corps et manipulent son esprit qui projette sans cesse des apparences frelatées, images de "ceux" qui l'habitent. Et alors peut-être si un tel Homme peut consommer une union totale avec cet être pourra-t-il parler de "non-attachement", et peut-être de "vacuité", espace infini de qualités infinies... Bon.

Alors il faudrait que notre esprit repose le plus souvent possible dans le "corps et l'esprit" d'un autre. Bon je pense que "repose" ici signifie "liens d'amour" et donc "activité". Activité parce que si ça semble bien bouger dans nos sphères sensorielles habituelles, en réalité je sens que rien ne bouge du tout, que ça stagne et que ça peut stagner pendant des éons. Peut-être est-ce une des raisons pour laquelle Jacques Lusseyran finit-il par "bénir" sa cécité, la privation de ses yeux a dû l'obliger à "rentrer" là où il y a réellement activité, dans le physique et l'esprit subtils, là où l'accroissement de l'ombre le dispute à l'accroissement de lumière.

Alors je me suis demandé "pourquoi un autre", et pas soi-même? En fait soi-même, c'est trop abstrait et mystérieux. Par exemple ce matin, je me désolais qu'un collègue de travail en fasse plus que moi. Et je me suis rendu compte que "moi-même" était quasiment incapable de voir que je pouvais aussi en faire pas mal. Ce matin par exemple, arrivé le premier sur les lieux comme tous les vendredi, c'est donc moi qui me tape toutes les mises en place, en fait c'est le jour des arrivages les plus nombreux. Mais mon esprit était incapable de prendre acte de cette situation, il ne regardait que l'autre, et ce qu'il faisait, "moi" était une sorte d'absence, hors toute situation. Ce qui veut dire que le fameux "instant présent" est une abstraction totale, dénué du passé, le passé étant un "lieu" où justement l'esprit peut envoyer un double aller chercher quelques lumières, ou des situations sur lesquelles travailler, lesquelles correspondent à des réseaux différents en nous qui oeuvent être "rallumés", situations désagréables ou autres. L'instant présent, c'est quand même une manière de s'en tirer à bon compte, la joie de faire du sur-place...

Alors bon comme il y a des trucs collants qui tapissent partout notre intérieur, il faudrait allumer plein de petites flammes ici et là pour faire un peu décoller des petits bouts. Ca me fait penser que lorsque nous suivons une voie, nous avons tendance à ne lire que des ouvrages sur cette voie. Alors littérairement parlant, il en est des créatives plus que d'autres. Par exemple à mon avis le zen n'en fait pas partie, et lire que des bouquins sur le zen c'est l'assurance, peut-être d'aullmer quelque chose ç un endroit ou deux, mais pas du tout partout. Il faudrait vraiment diversifier, par exemple, ses lectures, et ne pas lire avec l'esprit de comparaison. Et cela allume des petits recoins dans le corps et permet quelques petites ouvertures. En fait il faut je crois déranger les petites entités qui dirigent tout dans l'ombre et nous imposent la bonne volonté que l'on veut bien leur conférer quelque part. Par exemple à chaque fois que je pense à un lieu en particulier de mon enfance, avec les gens et tout, je ressens les mêmes désagréments. Va falloir que "j'envoie quelqu'un" pour nettoyer tout ça...Car si ça se trouve "là" se trouve certaines choses qui font que dans telle ou telle situation présente je réagis de telle ou telle manière...

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02 mars 2017

Oh non mes clefs!!!

Donc hier je prends le métro pour aller au travail. Tout semblait aller à peu près bien, j'écoutais les fadaises musicales que j'avais enregistrées quelques jours auparavant et j'avais à portée de main le livre sur Dolpopa, vous savez ce genre de livre que nous sommes prompts à trouver extraordinaire alors que nous savons tout en ignorant de le savoir que nous n'y comprenons rien, ou que ce qui est dit nous passe à quelques années lumières au-dessus de l'occiput. Mais bon "on lit Dolpopa quand même!". Bref.

Le métro était d'un gris coutumier et les gens étaient tout spécialement ce jour-là aussi gris que d'habitude. Je n'avais aucune raison de la perdre (la raison). Et puis d'un coup, avant même de mettre ma main à la poche, je sais que je ai oublié mes clefs de casier. Adieu veaux vaches cochons et toute sorte d'état pseudo naturel avec. Des gros vents se sont mis en branle, dans des canaux épais comme les rails du métro  (aussi gris aussi) et des flots de pensées sur mes difficultés et des stratégies pour régler le problème se sont cognées les unes aux autres, rebondissant sans cesse sur les parois molles de ma stupidité. Ah on écrit des trucs sur Cage de haute volée hein mais on perd une clef et là on fait moins le malin. Sans déconner... Le bazar que peut mettre une simple clé de cadenas qu'on peut ouvrir avec les dents, franchement...

Bon alors je veux pas en faire des tonnes je me suis pas non plus évanoui mais j'ai remarqué 2 ou 3 choses. Déjà un objet vous manque, tout est dépeuplé mais l'esprit à vite fait de tout repeupler avec des milliers d'objets totalement illusoires: il va falloir que je trouve le chef qui s'occupe des casiers pour qu'il m'en prête un, oui mais s'il est encore repos aujourd'hui, etc etc. Donc dans le clef il y avait pêle-mêle mon chef, ma veste de travail, mon sac que je ne saurais où mettre, et puis le métro et le temps qu'on avaient pris de l'épaisseur et étaient devenus des ennemis (je pouvais plus faire marche arrière, rentrer chez moi pour récupérer ma p....n de clef.

Et Dolpopa qui ne faisait rien...

Bon alors quand même ça a pas duré longtemps en terme de minutage, rapidement les chefs les métros et tout le reste ont fini par s'évanouir dans l'espace. Deuxièmement Dolpopa a raison, s'il m'entend ça le soulagera probablement que je le dise: ceux qui disent que les apparences ordinaires "sont" le corps absolu doivent je pense se faire des noeuds quelque part. Dans l'état vraiment naturel je crois qu'il ne doit plus y avoir d'apparences ordinaires du tout, ce qui devrait signifier que tous nos souffles karmiques ont été purifiés en passant dans le canal central, ce qui devrait laisser place à des souffles très subtils qui n'agiteraient pas les consciences sensorielles mais peut être seraient porteurs de qualités essentielles. (A ce propos avec un ami on parlait des paramita, je me disais qu'en fait ces qualités liées à Prajna doivent être l'essence même du corps de Bouddha, zéro karma donc... Une bricole).

Quoi qu'il en soit si on peut rediriger quelques souffles grossiers dans le canal central alors tout d'un coup les objets deviennent infimes et la qualité d'espace immense. Ce qui dans mon cas revient a se cogner encore et encore aux memes apparences tordues et aux voiles emotionnels et changer un peu de position disons pour faire bouger ce bazar pour qu'à la 50éme fois où j'oublierai mes clefs rien de spécial n'apparaisse, de tordu je veux dire. Toutes proportions bien gardées dans mon cas. Cet espace est réel, et il contient des qualités beaucoup plus fines. Parce que dans l'état "naturel samsarique", le.mien en règle générale donc, c'est plutôt l'espace qui est riquiqui et les objets immenses. (D'ailleurs c'est un peu ce qu'il se passait les premières fois où je me suis trouvé devant des musiques très fournies, que mon esprit ne pouvait gérer. Puis il a appris un peu à se positionner et détailler très vite et même au milieu du cafouillage énorme finalement garder un fil ténu, comme s'il pouvait en fait envoyer de plus en plus de tentacules vers les objets, mais des tentacules de plus en plus rapides, sensibles, fines et tout relier, sans perdre la raison, et goûter même à quelque chose de subtil. Bon sauf dans certain cas mais faudrait que je détaille ça..

Voilà bon finalement j'ai vu le gars de la sécurité, il m'a filé un casier, un cadenas et un vêtement réglementaire ça a pris 15 secondes.

 

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01 mars 2017

écho...

Très clairement, mon attrait pour la musique est une composante importante de mon karma. Que celle-ci entre dans mes schémas ou pas, elle met en branle certains souffles, grossiers ou subtils, mais en fait ces "subtils" sont quand même un sous-produit des grossiers. Dit autrement, en général, ce qu'entend un amateur de musique, c'est son karma, et en général c'est ce qui le pousse à écouter toujours les mêmes choses et rejeter toujours les mêmes, puisque quelque part nous sommes en "amour" avec notre karma.

Mais bon, il me semble quand même que la Voie, c'est objectif "zéro karma", ce qui doit correspondre à découvrir notre esprit très subtil, à faire entrer nos souffles karmiques dans le canal central, là où l'esprit grossier et subtil se résorbent, et réaliser la vacuité. Là je ne vais pas embrayer sur ces aspects de peur de raconter absolument n'importe quoi.

A ce point un ami disait que la musique ne l'aidait plus parce que ça recouvrait en quelque sorte l'esprit subtil, et c'est une évidence. Tant que notre karma n'est pas entièrement nettoyé, la musique souvent assez caractérisée soulève en nous des souffles qui agitent notre conscience sensorielle, et on passe abruptement d'un espace subtil et (pour mon cas) fragile à un espace plus grossier où les consciences sensorielles sont en mouvement, et le corps perd la sensation d'ouverture, je sais pas si on peut le dire ainsi.

Ce que je peux dire est que dans mon histoire karmique intime, il y a clairement eu passage de musiques bien caractérisée à des musiques beaucoup moins, voir presque plus. Extérieurement, il y a une histoire secrète dans la musique, un fil subtil, qui va des choses très amples, et caractéristiques, à des choses de plus en plus ténues, pour aboutir au son pur "pour lui-même", comme si dans la littérature (et ce fil existe aussi) on passait dans "l'attraction" à un ouvrage entier, puis à l'attraction sur un chapitre, puis un paragraphe, puis une phrase, un mot puis une seule lettre... Ce resserrement sur une "unité fondamentale" fut le cas en musique: John Cage disait que la matière du musicien était le son et le silence.

Cela étant dit il demeure quelque chose, une sorte d'attachement, par exemple un "amour du son". Dans mon histoire personnelle Cage représente une "frontière", où l'exacerbation de cet amour du son va projeter l'esprit dans le son jusqu'à l'annihiler et libérer le corps et l'esprit de cet attachement. Aujourd'hui, même si je joue, je n'écoute plus rien, et n'ai plus de souffles quasiment qui me rattachent à la musique.

Je remarque dans cette histoire une dorte d'interdépendace. Plus l'esprit devient subtil, plus les souffles grossiers se résorbent, plus la musique devient "resserrée" et libre de caractérisation, et inversement. L'esprit qui se "subtilise" va petit à petit resserrrer son attention et détacher tous les sons les uns des autres, découvrir les silences, les micro-articulations, etc, puis ensuite "rentrer dans un seul son", en relation avec une "concentration en un seul point". Cette attention/rayon laser va découper ce "seul son", et il sera possible de le percer jusqu'à en découvrir en quelque sorte sa vacuité, et au fond une certaine qualité de présence, et d'unité. Bien entendu, le nettoyage interne consiste là aussi à déplacer son intérêt profond des objets vers l'esprit lui-même. Peut-être qu'il y a à goûter même, dans la vacuité su son, la vacuité de l'esprit, comem si alors le son s'étant retourné vers lui-même, ainsi l'esprit.

Bon à ce stade la "musique"......... Enfin il me semble que cela est un cheminement possible, parce que j'en ai senti au moins certains contours disons. Maintenant LA vacuité, je n'en ai vraiment aucune idée, ni de l'esprit vraiment subtil, inutile de dépasser les frontières obscures de mon expérience, qui sont bien épaisses....

Posté par Mu-Life à 13:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]