musique et spiritualité (John Cage en particulier)

22 juin 2017

Dimitris Kamarotos

Vraiment un beau travail sur les "harmonies" de John Cage, lesquelles font parties de la nébuleuse "Apartment House", Quartet I-VIII...

 

 

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17 juin 2017

QUARTETS I-VIII

Bon, même si la version qui suit n'est pas la meilleure, je la poste tout de même car de mon point de vue, ces quartets sont peut-être l'oeuvre le plus "belle" de John Cage. Tout le matériau de cette oeuvre consiste à avoir pris des chansons traditionnelles américaines et de les avoir réarrangées à l'aide des "chance operations" et c'est à mon avis un petit miracle qui en est sorti. Il y a des tas de minuscules supsensions, étirements dans les enchaînements de sons et dont on sent qu'ils ne sont pas dans les partitions originales qui changent absolument tout, ces petites qualités de "silence" en fait qui finissent par devenir l'oeuvre. C'est finalement à tryavers cela l'Amérique même qui est transformée, devenant une sorte d'El Dorado que chacun peut imaginer là-dedans. Une authentique merveille....

 

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A mon ami et à Maurice Zundel...

Hier soir j'ai passé quelques heures dans un véritable état d'accablement. Les causes que je pourrais "servir" ici seraient je le crois plus ou moins "secondaires" mais néanmoins elles étaient là et semblaient se liguer entre elles. Il n'y avait que peu de lumière et tout semblait inacceptable. J'ai cru à divers moments que j'allais m'évanouir.
A ce moment tout de même je tombais, via fb, sur des textes de Maurice Zundel. Il y parlait de Dieu, lequel, par son Fils, souffrait en nous, mourrait en nous, etc... Dans mon état de faible intériorité je ne pourrais qu'avoir une vision au mieux intellectuelle de la chose. Pour lui cela semble si "vrai"...
Cependant... Hier j'ai appris (entre autre) que j'ai été à 2 doigts de perdre mon meilleur ami, avec qui entre autre nous avons ensemble et d'un seul coeur découvert Cage... C'est atroce je le vois de mois en mois dépérir dans une dépression qui semble inextinguible, difficultés de soutenir une conversation et des difficultés à porter une fourchette à sa bouche. Et puis des acouphènes atroces genre "marteaux-piqueurs" dans le crâne après avoir perdu une oreille dans une opération d'une tumeur au cerveau.... Enfin pas la joie, alcoolisme par-dessus car dit-il seul l'alcool atténue ses marteaux-piqueurs... Bref.
Et là j'apprends qu'il a fait une tentative de suicide, 2 jours dans le coma, je l'appris par sa pauvre mère (seule) qui me disait que le samu l'a sorti par la fenêtre avec des tuyaux partout...
Bref ces images me sont revenues en bloc dans mon accablement, et je ne pus rien faire d'autre que pleurer.
Mais ce qui s'est passé est que, concentré sur cette image de mon ami, dans une immense détresse, j'ai senti le côté universel de la souffrance. La souffrance du monde, ce feu qui brûle mais ne réchauffe ni n'éclaire.
Alors les mots de Zundel ont pris sens. Un peu "révélés". Je les croyais de bon coeur cela dit, mais là ils se mirent à vivre en quelque sorte. Car je crois que cette souffrance aucun être est à même de la prendre en charge. En gros l'être humain ne sait pas souffrir. Ce ne pouvait être que Dieu par Son Fils en quelque sorte qui accepte de descendre en enfer avec nous, parce qu'Il est si pauvre qu'il n'a pas d'autre possibilité, que celle de nous aimer.
A l'heure où je recopie cela, mes larmes coulent encore. Mais peut-être, peut-être devrais-je remercier mon ami. De cette douleur "heureuse". Mais je ne pourrai pas. Pas maintenant. Un jour, s'il va mieux. Ou sur sa tombe, parce que je crains que ce ne soit que retardé...
Enfin quoi qu'il en soit il y a eu une chaleur, un réconfort dans cette vision, un sentiment d'unification, enfin une petite lueur dans cet océan. Je n'ai d'ailleurs pas spécialement eu d'image de ce Dieu dont parlait Zundel, mais Il semblait bel et bien présent dans la vision de mon ami et de la douleur universelle. Il y avait quand même là une immense beauté et bonté, même pour moi à l'état purement larvaire. Le chemin pour dénuder ce coeur-esprit m'a semblé immense quoi que "possible". Est-ce cela l'espérance?

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16 juin 2017

Aimer les autres.

Aimer les gens... C'est peut-être une question que j'aurais pu poser à John Cage. Je pense sincèrement qu'il a dû recevoir quelque grâce.. Il semblait toujours joyeux et prompt à communiquer.
C'est un puissant désir qui m'habite: aimer les gens. Mais...point de grâce. J'ai quand même demandé à Celui à qui in fine s'adressent toutes les questions. Nous verrons.
A mon stade que reste-t-il sinon l'exercice de "l'épée de la discrimination"? Pourquoi le Christ favorisait-il l'épée à la paix?
Il me semble dans ma pauvre condition qui pousse ma perception à être voilée de mille façons qu'il faudrait arriver à fréquenter des êtres  (mais là aussi on ne fait en général "que passer") et décoder les vraies des fausses intentions des personnes, ou alors découvrir à chaque fois de façon particulière la Personne derrière l'individu, la petite lumière qui tout de même éclaire les êtres dont les Pères de l'Église  dans leur magnifique langage diraient découvrir "l'icône" au centre des gesticulations. Des choses chez les gens qui nous hérissent parce qu'en fait nous n'avons pas le coeur pur...ce qui veut dire que notre corps, notre âme même sont habités par de petits êtres qui sont souvent en conflit. Chez moi ce sont souvent les mauvais qui apparaissent. Quelle tristesse! Alors je peux essayer de discriminer chez les autres mais pas vraiment critiquer  (quelle promptitude à la critique d'ailleurs sans discrimination!). Trier le bon grain de l'ivraie et recevoir les lumières de l'autre.
Alors je crois que tous ceux que nous avons aimé, en fait tout ce que notre esprit a tiré comme bonnes influences peut se concrétiser sous la forme d'un modèle dont un exemple peut-être trop parfait pour nous serait le Christ.  Alors à partir de là à un moment c'est ce modèle en nous qui prend "chair" et perçoit en nous les autres et découvre ce qui en l'autre peut être intégré, ce avec quoi la communication est possible. La tristesse pour moi étant de voir combien nous masquons notre "icône", qui reste à l'état de graine imperceptible...
Qui aimera en premier? 

Grâce à Cage je me suis mis à aimer tous les sons. J'aime les sons que je peux parfois voir comme des énergies, ils ont tous leur particularités et au-delà de leur gangue ou apparence ils possèdent quelque chose comme une essence, quelque chose d'indestructible, j'aime également leur activité. Comment aimer les gens? C'est autrement plus difficile. Parfois je me dis qu'un être c'est comme un champs. Et si on voit vraiment au travers des travers, alors non seulement on doit pouvoir y percevoir une belle fleur mais aussi le moyen de planter une graine. Et la joie de la voir peut-être pousser selon son propre temps...

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15 juin 2017

From zero

 

 

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14 juin 2017

Parallélisme osé

Étant toujours stupéfait des "prcès" que l'on peut faire à Cage, je vais tenter un parallélisme avec notre monde français politique actuel. En effet et selon mon point de vue, nous avons en ce moment en France l'honneur d'avoir un immense homme politique en la personne de Jean Luc Mélenchon. Que bien sûr les français n'ont pas choisi c'était au-dessus de leur force aussi bien intellectuelle que "perceptive". Car on pourra toujours discuter de son programme mais force est de constater que l'homme a été clairement influencer par divers "anges" et qui fait comme le dit un saint chrétien de la politique une haute forme de charité. Il s'adresse à la raison des gens et non à des courants de voiles émotionnels divers et avariés. Il est habité d'une force, d'une énergie et d'une joie communicative libre du mensonge si prisé de nos jours. Bref.

Il en est de même avec John Cage. Il faut apprendre à le connaître. Alors oui il se disait amateur de zen, à l'époque où personne en occident ne s'y intéressait et même voyait cela d'un mauvais oeil, il se disait anarchiste et avait une vie en communion avec son esprit, (il a vécu en squat jusqu'à l'âge de 50 ans avec des règles de vie jusqu'à ce que la maladie l'en sorte) et était réellement un grand désireux d'inconnu et de découvertes car pour lui une journée sans nouveauté ne valait pas la peine.

Ce qui frappe avant tout lorsqu'on connaît le bonhomme c'était son inextinguible joie, là où la plupart des artistes étaient plus ou moins névrosés. Et cette joie, pas une joie vitale (parfois il riait sans raison apparente et cette joie était hyper communicative, personnellement  il m'arrivait d'écouter ses interviews juste pour goûter cette joie) mais une joie d'être, une joie dans son rapport au monde ce qui bien sûr ne l'empêchait pas d'être affreusement critique sur le monde moderne consumériste, d'ailleurs il a bien peu gagné sa vie en tant que musicien il a fallu pour ça qu'il devienne musicien officiel d'une grande compagnie de danse), sur la compétition  (il prônait la coopération et d'ailleurs son travail de compositeur était bien souvent coopératif, il demandait l'avis des interprètes et autres...)... Bref cette joie se sentait dans sa musique, totalement libre de névroses et autres signes pathologiques, finalement il avait atteint une sorte de "musique pure", il ne faisait plus de musique il ÉTAIT musique. L'écouter parler était musique. La manière qu'il avait de traiter les gens, les plantes... Un Homme en quelque sorte. Il aurait aimé Mélenchon. 

(Je rajoute que cette joie indéfectible en unité avec cet esprit de découverte infatigable l'ont conduit à mener des recherches dans les domaines les plus pointus de la science, l'ont conduit à être un des plus éminents mycologues de son temps et j'en passe. Certes un des plus grands esprits de notre temps...)

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13 juin 2017

koan

"Il faut savoir apprécier un homme parce que c'est un homme, de même il faut savoir apprécier un son parce que c'est un son". En gros de mémoire une citation de John Cage.

Chez Cgae, un son est juste un son, c'est ainsi qu'il est bien autre chose et juste cela. Quelque part sa vie créaitve pour un homme est un koan. Un son est un son parce que justement il est, comme une personne, une activité infinie, un univers, et comme un homme a la possibilité de l'auto-déification, et ainsi devenir un Homme véritable, il en est de même avec un son, chez Cage, et l'entendre ainsi fait plus vibrer l'âme que le corps.

Jésus donnait une parabole qui finissait par: "Cet homme, comme beaucoup, confondait le corps et l'esprit et il mélangeait le sacré au profane, parce que réellement dans les jouissances et l'oisiveté l'âme ne jouit pas mais languit, et celui-là aussi, comme beaucoup, après la première bonne récolte dans les champs du bien, s'arrêtait car il lui semblait avoir tout fait."

La musique de Cage pour moi n'est pas une sitraction, et échappe assez puissamment aux plaisirs des sens. Et elle n'est pas non plus "intellectuelle", elle échappe à ces catégories. Le corps "de mort" n'y trouve pas son compte, l'âme ne peut pas s'y languir, le mouvement de l'esprit est arrêté, et celui-ci se plonge dans uen forme de "tout autre" pure présence. Mais en même temps il n'est pas envisagé de "s'arrêter". Il n'y a pas ici la possibilité bien moderne de "ne te soucie de rien et profite". Il n'y a pas de profit ici, pour le corps créé de l'homme. Chez Cage le mouvement de l'esprit mondain cesse et émerge une activité plus profonde, de contemplation, et d'activité créatrice chez l'auditeur même.

Bon ça me frappe quand même. Finalement Cage  semble, sur un certain plan, avoir ouvert des vannes "hors contrôle", le fameux slogan du "tout est possible". Et quelque part oui, tout est possible. Pourtant quelque part sa musique et son travail méthodique sont très structurés, et sa musique, on pourrait essayer de l'analyser ainsi, elle qui échappe à toute analyse, d'y percevoir des "structures de silence". Il a ouvert les vannes mais en même temps il est curieux, (sinon cela aurait été le comble de l'horreur moderne) que son esprit était quasiment obnubilé par le soucis du détail. Dans sa pratique et chez son interprête, chaque action doit être minutieusement exécuté, pas pour le résultat mais pour le geste lui-même. C'est d'une extrême concentration dont il s'agit, un soucis sans bornes du détail sans soucis du global, lui-même somme de toutes les concentrations et les petites précisions. Et finalement, cela se trouve aisément dans les dernières oeuvres qui sont une sorte d'accomplissement chez lui, il y a une sorte d'extrême densité qui trouve étrangement uné cho dans la fluidité et le relâchement des choses. 

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Cage et le monde

Lorsqu'une certaine sensibilité affleure dans notre corps et notre esprit, autrement dit lorsque la douleur et la souffrance cessent d'être un vague fond indistinct et se mettent à devenir un peu plus saillants, il peut se faire que nous commencions à voir du "monde", autrement dit d'une certaine réalité en proie à nos sens les plus immédiats, eux-mêmes soutenus par nos "passions cristallisées" qui conditionnent nos conceptions des choses et donc nos perceptions, une muraille d'absurdité, une sorte de "prison". Bien sûr cette prison est bien plus d'un ordre spirituel que matériel, car finalement le deuxième est subordonné au premier.

Du coup il peut devenir clair que l'homme ainsi rattrapé puisse avoir à coeur "d'élaborer" un monde plus subtil, moins figé, fait de qualités qui à mon avis sont transplantées dans notre coeur profond, un monde "d'essences" qui n'a pas pour vocation de demeurer en l'état en laissant l'autre tel quel mais de littéralement transformer le monde. Passer d'une matière purement physique à une matière "spirituelle". Et on peut penser que ce soit en profondeur le rôle de l'art, que de permettre au "coeur-esprit  de l'homme que de contacter dès qualités enfouies et de les révéler afin qu'elles commencent à élaborer en quelque sorte une sorte de nouveau corps, plus en prise avec ces essences spirituelles, et parfois cet art, par exemple un tableau permet de raviver dans notre corps et notre esprit certains souvenirs qu'une opération secrète en nous (car l'esprit me semble par nature créatif, pouvant séparer le bon grain de l'ivraie, donc arracher d'un souvenir formel des qualités moins formelles et les faire vivre) avait permis l'extraction de qualités à la fois sans lien avec le souvenir matériel et perçues grâce à lui. Au premier abord on peut penser que le spectateur soit pris dans la seule émotion esthétique mais cette émotion si on la suit conduit à quelque chose de plus profond qui dépasse largement "l'art".

Bref. Je crois pouvoir dire que John Cage connaissait certains déficits. Sur le plan de l'esprit et de la technique il n'aurait jamais eu la capacité de devenir un grand compositeur classique. Je crois qu'il le savait et d'ailleurs ça lui avait été dit par son professeur d'alors, Arnold Schoenberg. Qu'il quitta alors avec la ferme intention de poursuivre car à ce moment il connaissait je pense une certaine nuit, au sens de Jean de la Croix. C'est alors qu'il fit quelques rencontres décisives, le premier intellectuel du zen arrivant sur le sol américain, le Y-Ching et un livre de Coomaraswamy, plutôt en prise avec la pensée de Guenon mais qui avait écrit un livre intéressant sur l'art.

Il commença à élaborer ses "opérations de hasard" et à ce titre il quitta son "maître zen" en se disant qu'il ne s'assiérait pas dans la position du motus mais que sa méthode des opérations de hasard (chance en.angmais ce qui a un sens un peu différent je crois) seraient sa méditation. Et je pense que par sa méthode il en vint non seulement à abolir en quelque sorte par la ruse ses déficiences, mais à créer un nouveau rapport au monde créatif. Jamais il ne le dira ainsi mais en quelque sorte il réussit, en tant que musicien, à extraire un certain monde d'essences dans le monde, l'environnement. Certains pensent à une opération purement esthétique et intellectuelle en pensant qu'il aimait entendre le son des carrefours de New-York, mais cela n'a rien à voir, c'est une danse qui est perçue, d'objets immatériels et fondateurs, ce qu'il appelait "l'âme des objets". Et qu'il appelait silence, qu'il faut entendre bien plus dans la dimension contemplative, silence habité des essences.

D'une autre façon il était à mon sens en prise avec une intuition zen bien mise en évidence par Dôgen, selon laquelle l'homme sensible devant les objets du monde pouvait se retrouver dans un "quoi?" vivant, qui selon  Dôgen pouvait être en quelque sorte le nom véritable des choses. A mon avis le rapport de Cage avec le monde était fait d'une sorte de docte ignorance, d'un "doute qui sait", joyeuse contemplation. Je pense qu'il avait réellement percé quelque chose.

A ce titre, ayant résorbé la nécessité d'une musique caractérisée, il en vint à revenir à la caractérisation. Il va de soi que des pièces comme Ryoanji ou Cheap Imitation n'ont pas grand chose à voir. Une est minérale et l'autre plus immobile et liquide à la fois, mais pourtant on sent une essence commune.

Alors bon je ne sais pas, mon coeur a été littéralement saisi par cela, il y a maintenant pas mal d'années. Aujourd'hui je n'écoute plus vraiment sa musique. Ni même beaucoup d'autres. Ce dont il est question avec Cage c'est d'une sorte d'accomodation particulière de l'organe perceptif. C'est un peu comme la méditation tibétaine du "skygazing", d'ailleurs j'ai remarqué que si un visage apparaissait dans notre esprit le seul moyen de le maintenir en quelque sorte revenait à pratiquer cette sorte d'accomodation. Qui ouvre un champs particulier dans l'esprit. Ainsi la musique de Cage nous encourage à nous libérer du monde tout en le percevant de façon puissante et "passer au travers" s'en échappant sans le fuir, en percevant ce qui danse réellement dans, par, et librement de lui.

Suite plus tard...

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09 juin 2017

John Cage, les hexagrammes, les time Brackets et Dieu

Je continue un peu sur Cage, parce que si le baroque a eu son Bach, le xxè siècle a eu son Cage. Dont il fut un des grands et brillants esprits, n'en déplaise éventuellement aux anti-modernité qui, si certains ont de bons arguments, ceux-ci ne teinnent pas pour moi pour Cage qui a poussé tellement la modernité qu'il s'en est écghappé, qu'il l'a transcendé pour toucher à quelque ontologie.

Je crois qu'on peut noter une sorte de fil rouge dans sa vie, qui se voit moins dans sa musique manifestée que dans son travail méthodologique qui confine à l'affinement de son esprit. Il s'est concentré d'une certaine manière sur la façon de "faire de la musique" jusqu'à découvrir le moyen de laisser un son apparaître et s'épanouir jusqu'à une certaine forme de respect et de joie quasi-évangélique.

Alors sa méthode s'est rapidement concentrée autour du Y-Ching et des tirages au sort dans les hexagrammes. A cela il a confectionén ses partitions à partir de 1985 autour des "time brackets" ou "paranthèses de temps". A savoir que, tuojours tirés au sort, chaque portée de la partition (individuelle totalement même s'il y avait 100 instruments) était comprise entre deux paranthèses de temps, souples (et tirées au sort), à savoir qu'à gauche il y avait une parenthèse de temps allant de 0'00" jusqu'à disons 1'30", pendant laquelle l'interprète pouvait faire démarrer les sons écrits sur la portée, et à droite une paranthèse de fin, par exemple 0'45" jusqu'à 2'05". Et ceci sur chaque portée de la partition, et ça pouvait se complexifier vu que les paranthèses de temps pouvaient d'une portée à une autre se chevaucher. Elasticité du temps....

Cage ne croyant pas qu'un seul esprit pouvait envisager une oeuvre ou une musique "totale" a donc imaginé une méthode, et disons quasiment un abîme (un peu comme cet abîme qui est découvert lorsque l'homme tente de découvrir son "moi") dans lequel "autre chose" prend le relai. En quelque sorte sa méthode consiste à "demander" directement à Dieu de faire venir à être des Existants, des sons donc, qui ont tous une couleur particulière, un grain particulier, un "temps" particulier et finalement une âme propre. En fait des "être-temps" selon la terminologie de maîre Dôgen. Je prendrai ici un terme du monde chrétien: "c'est impossible mais faites-le". Ca se rapporte magnifiquement à John Cage.

Alors les sons sans ses dernierès oeuvres sont comme clos, contiennent toujours leur propre "personnalité, tout en prenant en charge la personnalité des autres, sans se perdre ni demeurer. Et à mon sens ainsi ce qui est extrêmement touchant, c'est que, certes par définition la musique est horizontale mais si on mêle son esprit correctement à l'intention cagienne, à son respect et sa joie de voir un épanouissement simpelment, alors dans uen globalité sa musique transcende l'horizontalité comme la verticalité et devient sphérique. Sa musique n'avance pas, ne recule pas, ne demeure pas. Elle vit simplement.

Il avait donc une posture particulière au sein même de sa production, qui était à la fois la sienne et pas la sienne. Cage c'est une pensée, une méthode qui lui pemettait d'être quelque part le canal de la Nature, et d'être à la fois spectateur. Comprendre sa musique, son intention, mêler son esprit à cela c'est "connaître" Cage.

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07 juin 2017

Musique et silence

"Le but de la musique, disait Olivier Clément, est de nous faire entendre le silence". Hé bien voilà certainement ce qu'a essayé toute sa vie de faire John Cage, tout en élaborant une esthétique tout-à-fait forte, particulière, mais qui en.un sens s'abolissait, non pas dans le néant mais "en tant que cause d'elle-même", donc en tant quasiment que sur-existence. Son art ne fut jamais un retrait mais une exubérance d'elle-même qui se disait en se taisant, c'est-à-dire à dire que sa "taisance" n'était autre que son activité, son verbe, son souffle. 

Cela dit, et probablement à titre pédagogique et provisoire, Olivier Clément évoque le silence dans les murs de l'église, protégeant en quelque sorte de la fureur du monde. Il me paraît clair qu'à terme le méditant aurait à dépasser toute forme de dualité mais l'esprit n'est pas forcément préparé à cela. Or voilà le travail de Cage qui faisait suite, comme une extrapolation magnifique à une expérience qu'il vécut dans un caisson d'isolation où il entendit 3 bruits, son coeur, et.notammebt lui dit-on son système nerveux. J'ai oublié le 3ème. Il en vint donc dans sa méditation à actualiser dans une autre dimension de conscience que, à partir de la compréhension qu'il n'existait pas de silence en tant que pure absence, que le silence serait pour lui tous les sons sur lesquels la conscience ne se fixe pas, la "conscience mentale", et ce silence allait donc être exactement le flot ininterrompu de ce qu'il appellerait "environnement" dont son travail consistait à découvrir le mode opératoire de ce flot et donc du silence, non comme objet en soi finalement mais comme expression du fonctionnement de cette conscience. 

A ce titre un gars nommé Franck Lepage, malgré des bonnes percées sur le langage et autres critiques du monde moderne s'est loupé sur sa critique de Cage dont il lui faisait dire à propos de son 4'33" que c'était là une "absence de sens, d'intention, d'esthétique" etc etc. Or c'est juste que Mr Lepage là n'ayant probablement aucune culture spirituelle n'a pas fait de bonne discrimination.  Car certes ces "absences" pourraient être le néant moderne, la fuite, le désir de disparition et de fuite. Or, si cela existe bien, et si au courant traire certains encore cherchent au contraire un "sur-sens" etc, à la vie, cela je pense peut aussi se dépasser et alors il y a absence. Mais cette absence n'a pas du tout la même odeur que celle du monde moderne. C'est plutôt la "taisance" dont il était question au départ, c'est un vide plein, par surcroît. 

Le silence de Cage est une présence discrète à force de se dire...et parce qu'elle se dit. Aussi nul doute que Cage fut de plain pied dans la modernité, celle qui dans les apparences et les fondations philosophiques dévoyées peut hérisser le poil mais en même temps il la dépassa par "le devant et le derrière" si on peut dire, en retrouvant certaine ontologie hors du temps mais qui permet le temps. 

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